Mes parents habitent le quartier St Lazare à l'entrée de Digne. C'est un petit immeuble de quatre logements, nous occupons celui de gauche au premier étage
Lorsque je souffle ma première bougie, ma mère attend déjà J.L. pour le mois d'avril mais ne le sait peut être pas encore. Ce qu'elle sait sûrement et bien avant les émissions de Dolto c'est que le bébé est une personne; Nous avons profité, mon frère et moi, de ses paroles rassurantes et enveloppantes, de sa disponibilité, de la richesse de ses contes de fées ou elle convoquait Cendrillon avec les nains de Blanche Neige et Boucle d'or, ainsi que de toutes ses chansons qui ont bercé notre enfance.
Pourtant j'ai du mal à imaginer ma mère autrement que mélancolique au début des années 60. Comment peut-elle être vraiment heureuse ? Mon père l'adore, ses deux bébés occupent surement bien ses journées, mais... Sa famille à elle doit lui manquer terriblement
... En août 1955, 4 ans seulement avant ma naissance ma grand-mère disparait brutalement dans un accident de voiture, là haut, en Normandie, pendant les vacances. Mes parents sont déjà fiancés depuis le mois d'avril et cet accident va précipiter la date de leur mariage en décembre de la même année.
Ma mère est obligée alors de commencer sa vie de femme avec ce chagrin énorme puis sa vie de mère sans pouvoir rien partager avec la sienne. Son père est seul, jamais remis d'être veuf, dans un petit appartement à Toulon ; ses oncles et ses tantes qu'elle aime et admire tant sont loin : Toinou et Do restés à Bizerte, Marie et Adrien à côté de Paris avec les cousines chéries...Tonton Pierrot à Paris aussi ...
J'ai pourtant de mes années d'enfance un souvenir au goût de miel
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