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Dimanche 9 mars 2008

Je suis énorme. 
C.  n'a pas encore soufflé sa première bougie, j'ai du mal à la porter dans mes bras.  Le bébé est prévu pour le 29 mai.
Je reviens d'une semaine chez mes parents  pendant  qu'E. a repeint la cuisine.  Sur l'autoroute  il commence à pleuvoir. 
Le retour est agréable dans la cuisine toute propre et le repas que ma mère nous prépare. Je suis un peu fatiguée. On s'installe devant la télé : "Garde à vue" de Claude Miller.
Il me semble que Lino Ventura est en train de raccrocher le téléphone quand je m'aperçois que je pers beaucoup de sang.
Faire le 18 : "Allongez la, les pieds  surélevés, on arrive !"
Une perf est posée, on veut m'amener à l'hôpital.
- Non, je dis, mon gynéco, je veux mon gynéco ! Il a fait naitre C. et je lui fais entièrement confiance et c'est lui que je veux !
Quelques coups de fils plus tard la clinique arrive à joindre le docteur G.
Dans l'ambulance, j''entends vaguement le pimpon, pas trop nécessaire, il n'y a personne dans les rues. Dés que nous arrivons devant la clinique  un déluge de grêle  tombe du ciel.
Il faut attendre un peu avant de pouvoir sortir le brancard.
E. qui nous suivait en voiture se perd dans sa ville natale et ne trouve pas tout de suite le chemin de la clinique !
Mes parents sont restés auprès de C. qui dort, elle ne s’est aperçue de rien.
Le docteur G. prend ma main pendant qu’une sage femme cherche, avec un espèce de machin froid sur mon ventre, les battements du cœur du bébé.

« Il va falloir aller le chercher ce bébé » me dit-il, vous avez perdu le placenta.

« Une césarienne ?» je dis « il va être prématuré… » Je me rappelle avoir pensé qu’il pleut dehors et imaginer le bébé partant sous la pluie au service des préma de l’hôpital.

Mais je n’ai plus peur, on entend le cœur de mon bébé (enfin) et je suis avec mon gynéco, E. est arrivé aussi. Il assiste aux préparatifs d’une césarienne en urgence, trouver un anesthésiste à 23h un dimanche soir, préparer la salle d’opération, faire vite.

C’est au moment où l’on me colle un masque sur la figure qui m’étouffe que j’ai envie de prendre mes affaires  et de rentrer chez moi. Qu’est ce que je fous là ?

S. arrive à minuit cinq le 23 avril 1990. E. est là et voit sa deuxième fille être emmenée très vite à l’hôpital dans une petite cage en verre.

Quand je me réveille, il fait jour. E. est près de moi.

« C’est une fille » me dit-t-il, « la copie conforme de C., elle va bien »

Je me rappelle qu’un tableau de la Joconde est accroché sur le mur en face de mon lit. J’ai mal. Je me rendors.

S. a eu la bonne idée de peser déjà 2kg500, elle n’aura pas besoin de couveuse malgré son mois et demi d'avance.

Le 2 mai 1990, je peux enfin la prendre dans mes bras.

 

L’autre jour elle est rentrée avec des documents concernant l’école dans laquelle elle veut rentrer l’année prochaine pour apprendre les métiers liés à l’audiovisuel. Elle déballe les brochures : présentation de l’école, films réalisés par les élèves et un petit livret qui explique la mise en scène en prenant un film en exemple.

 

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C'est "Garde à vue " !

publié dans : Moi
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