Aix en Provence : 28 juillet 1984, les murs et les ruelles sont un décor dans lequel je déambule légère et ivre de joie. Je relis l’été grec.
Je vais retourner en Grèce !
Jeudi 2 août, 23h : mon sac à dos est terminé. Je ne réalise pas encore, je continue de tourner dans un film.
Vendredi 3 : Lyon Perrache puis Lyon Satolas…. Nuit à l’aéroport et vol féerique au dessus des Alpes enneigées. L’Adriatique et Corfou qui semble flotter dans les airs, le Péloponnèse. Atterrissage à Héraklion.
5 août 84 : sans rester sur la mauvaise impression que m’a laissé Héraklion, je prends un bus avec une Marie-Jo sympa rencontrée dans l’avion. Long périple dans la Crète torride que je respire à fond par la fenêtre du bus. A Hania, M.Jo retrouve trois copines. Elles me proposent de partager leur petit appart’. On fête la première soirée en Grèce en faisant le tour nocturne de Hania.
9 août : Paleochora. Sud de la Crète. J’ai quitté Hania et les filles pour retrouver le bonheur d’un peu de calme et le plaisir de dormir sur la plage.
Ici il y a plus de grecs que de touristes. Yourgos, Christus, Nikos et Rebecca sont adorables, je partage quelques jours avec eux.
Terrasse face à la mer, « greek salad » cigales, chaleur, baignades.
Pleine lune qui se lève au dessus d’une discothèque en plein air.
Dormir contre une barque sur le sable et sous les étoiles.
Le bonheur existe.
14 août : savourer ce moment délicieux, cette minute exquise où les machines d’un bateau se mettent en marchent. Je retrouve ma place préférée, à l’avant. Ça tangue et je m’endors.
Arrivée somptueuse à Santorini qui tombe directement dans la mer.
Plages de sables volcaniques, ruelles blanches, dômes bleu ciel : j’ai retrouvé les Cyclades !
23 août : Ios.
On s’est retrouvés. Ça a marché … Le rendez vous de Ios. Avec juste un jour de retard sur ce qu’on avait imaginé. E. a débarqué d’un ferry alors que j’étais sur l’île depuis deux jours déjà. Le soir de mon arrivée j'avais retrouvée seule dans la nuit le chemin chaotique depuis le port jusqu’ à Koubara beach. J'avais retrouvé l’ambiance à laquelle je m’étais si difficilement arrachée l’année d’avant. Toujours l’unique taverne sans électricité devant la plage. Une dizaine de jeunes qui dorment sur le sable.
La magie continue avec E.
Escale à Paros puis Naxos et nous voilà à Amorgos après une nuit sur le pont du bateau face à la grande ourse.
Sur le port d’Amorgos on a longtemps cherché une plage pour dormir sans la trouver. Tout au bout du petit chemin de pierres il y avait une bergerie, alors on a dormi dans la paille.
Je me rappellerai toute ma vie ce réveil imprévu dans la nuit avec le dernier croissant de la lune orangé et des chèvres venues près de mon duvet et à qui j’ai fait très peur. Le matin le berger nous a réveillés nous demandant gentiment de partir.
31 août : je crois que le plus mauvais moment des vacances c’est quand il faut poser le sac à dos, copain, témoin, ami de nos délires quand il faut le poser sur l’horrible tapis roulant et s’en séparer.
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